Lutte contre la précarité dans le secteur de l'animation socio-culturelle, sportive et de l'action sociale :
les personnels s'organisent dans la
revendication
Dans un contexte national où le pouvoir d'achat ne fait l'objet que de promesses, les personnels du secteur de l'éducation populaire ont décidé de faire connaître la précarité des conditions de travail qui sévit dans leur mileu professionnel. Les structures d'animation paraissent pourtant reconnues pour leurs actions d'éducation, de loisirs, de prévention et de création de lien social par les financeurs, les fédérations d'éducation populaire, les collectivités territoriales. Cette reconnaissance de l' utilité sociale ne semble pas devoir se traduire dans les salaires ou la qualité de l'emploi. Les conditions d’emplois des salariés de l’éducation populaire sont en contradiction avec les idéaux annoncés par leurs employeurs.
La mise en place des démarches de financements par dispositif, appel à projets par les gouvernements successifs a fragilisé le secteur professionnel, transformant les animateurs et directeurs de structures en docteurs de subventions . Le désengagement de l'Etat au profit des collectivités territoriales et d'agences semi-publiques (et non démocratiques) entraîne une disparité des financements, dans un contexte où les évolutions du droit du travail vers plus de flexibilité permettent aux employeurs associatifs et territoriaux d'utiliser contrats précaires et temps partiels à tout va. La disparition annoncée du ministère de la Jeunesse et des Sports va en outre engendrer la perte d'un soutien à la professionnalisation et à la reconnaissance des métiers.
La précarité vécue par nombre de personnels du secteur de l'animation socio-culturelle, sportive et de l'action sociale est souvent accentuée par certains conseils d'administrations ou municipaux plus soucieux du budget que des valeurs défendues par la structure. Des expressions inutiles jusqu'ici dans nos métiers telles que « rentabilité économique », « retour sur investissement », « seuil de rentabilité », où « bénéfices et chiffre d'affaire » envahissent le vocabulaire des patrons, élus puis collègues, oubliant (au passage) la défense de l'accès pour tous aux structures socio-culturelles et de la qualité éducative de notre intervention sociale.
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La précarité en chiffres :
On estime qu'il y a 200 000 à 350 000 animateurs en France. Parmi eux : 70% des animateurs : ont moins de 35 ans travaillent à temps partiel sont en CDD ont un contrat non subventionné sont des femmes (source : observatoire emploi-formation /thématique ? animateur ?)
Quel est le salaire minimum dans l'animation ? 18\ net par jour soit 540\ net par mois (SMIC = 1005,35\ en net par mois) Il s'agit d'un contrat appelé Contrat d'Engagement Educatif (anciennement appelé annexe II).
Combien d'animateurs permanents (sur un poste non occasionnel) recherchent un autre emploi ? La recherche d’un autre emploi concerne 43 % des animateurs permanents (56 % des salariés à temps partiel) et 64 % d’entre eux qui souhaitent travailler plus d’heures par semaine (temps partiel subi) (source : questionnaire sur un échantillon représentatif de 1582 animateurs – www.planetanim.com).
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C'est pourquoi nous, personnels de l'animation socio-culturelle/sportive et de l'action sociale, associatifs, territoriaux, animateurs, secrétaires, agents d'entretien, éducateurs, interpellons les candidats aux élections municipales pour obtenir une position de principe, un engagement de leur part.
Nous demandons la mise en place concertée avec des représentations syndicales et des délégués du personnel du secteur d'une charte sociale de l'emploi dans l'animation socio culturelle et l'action sociale. Ce contrat serait immédiatement applicable dans les collectivités territoriales, ainsi que dans les conventionnements avec les fédérations d'éducation populaire et associations locales.
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Cette charte sociale reprendrait les revendications suivantes : la fin de l'application de la convention collective de l'animation, avec une revalorisation systématique du point d'indice pour tous et des subventions calculées en fonction de l'évolution de l'ancienneté des personnels
la fin de l'utilisation des contrats précaires type Contrat d'Engagement Educatif, Contrat d'Accompagnement vers l'Emploi
la diminution des temps partiel subis dans les structure associatives ou municipale
la dénonciation et la non utilisation du Service Civil Volontaire, utilisé de façon abusive par des collectivités et des associations
l'obligation pour les collectivités d'embaucher leurs directeurs d'Accueil Collectif de Mineurs sur le grade d'animateur territorial (cat. B)au minimum
l'arrêt de l'utilisation du statut de vacataire ou du contrat d'engagement éducatif dans les collectivités et la revalorisation au grade d'adjoint d'animation 2ème classe de tous ces agents (certaines communes l'ont déjà fait sous la pression de leurs agents et par crainte d'une plainte au tribunal administratif), c'est-à-dire au smic horaire !!! |
POUR QUE NOS TRAVAILLEURS SOCIAUX QUI ACCOMPAGNENT ET AIDENT LES PUBLICS PRECAIRES SORTENT DE LA PRECARITE !
POUR QUE NOS PERSONNELS RECONNUS D'UTILITE SOCIALE NE SOIENT PLUS CONSIDERES COMME DES CLOWNS !
(et c'est méchant pour les clowns !)
Jeunes, parents, habitants, usagers de nos structure, élus associatifs et mnicipaux, collègues travailleurs sociaux, associatifs, municipaux,
soutenez-nous et rejoignez-nous dans un échange festif sur le thème de la précarité
le samedi 8 mars 2008, place de la Mairie à Rennes de 14h à 18h
COLLECTIF ANTI-PRECARITE dans l'animation socio-culturelle et l'action sociale
soutenu par USPAOC-CGT / EPA-FSU/ FO/ SUD
